PostHeaderIcon JACQUES SALOME: je m’exerce à la zénitude

Voilà le texte que Geneviève nous envoie. Bonne lecture

Jacques Salomé

Je m’exerce à la zénitude et c’est dur. Depuis le temps, cela devrait couler de source, être acquis quand même avec tout le travail que j’ai fais sur moi !

Mais comme j’ai parfois (parfois seulement) un caractère de cochon, alors ma zénitude s’envole, disparaît et me laisse nu, démunis devant la vie. Je dois dire que j’ai des impatiences, en particulier pour tout ce qui touche à des aspects de ma vie qui me paraissent essentiels et quand ils sont maltraités ou niés par autrui ou, comme dirait un de mes fils, « quand on vient te chercher… tu montes vite au créneau », je deviens alors irritable, tranchant et pour tout dire quelquefois blessant pour ceux qui m’entourent. Il y a parfois dans mes comportements relationnels toute une dimension réactionnelle qui est en désaccord avec mes choix de vie, avec mes valeurs et surtout avec ce que je tente d’enseigner ou de transmettre. Je souffre par exemple de me laisser trop souvent envahir par des problèmes mineurs, de me laisser atteindre émotionnellement par des questions qui me semblent dans l’après-coup, puériles ou sans aucun intérêt et qui, si j’avais eu plus de recul, n’auraient pas effleuré trop longtemps ma conscience. Je suis donc capable, avec beaucoup de sincérité et d’enthousiasme, de me polluer, de me gâcher une soirée ou toute une fin de semaine en remâchant mon indignation, en refaisant cent fois le scénario d’une situation pour montrer qu’il aurait été possible de dire, de ne pas dire, de faire ou de ne pas faire autrement, si seulement on avait pris un peu de temps pour me consulter, pour m’en parler, pour échanger, pour faire autrement quoi !

Tout cela m’a paru durant très longtemps comme faisant partie du lot quotidien de la vie, mais je découvre aujourd’hui que cela pose plus de problèmes non aux autres, mais à moi-même, à l’intime de moi-même. Car cela réveille en moi une structure paranoïde que je connais bien (vous savez celui qui se sent persécuté pour un rien et qui alors se sent en droit d’être à son tour pénible, hargneux voire persécutant à son tour !) Cette composante de ma personnalité est une vieille connaissance, qui m’accompagne depuis longtemps et qui serait risible, si elle n’était douloureuse…

Je croyais pourtant au cours des dernières décennies avoir jugulée, calmée et apaisée, cette dimension persécutoire récurrente, qui même si elle n’a pas une dimension pathologique grave, reste trop envahissante, empoisonnante ! Je pensais que j’avais parcouru, après tant de parcours thérapeutique, tant de formations aux relations humaines, un chemin suffisant pour ne plus me laisser envahir par elle. Mais comme disait ma grand-mère, qui semblait en savoir beaucoup sur la faiblesse humaine, « où qu’on se tourne et aussi vite qu’on aille, on a toujours son derrière, derrière soi !  » Ainsi mon avatar paranoïde semble, malgré mes efforts, toujours présent à l’arrière plan de mes pensées, de mon imaginaire, de mes rêves de vie.

Pourtant aujourd’hui, mon aspiration la plus profonde c’est d’être moins réactionnel, plus cool, plus souple, en un mot plus zen ! Plus zen, c’est-à-dire être capable d’accueillir sans être déstabilisé les frustrations inévitables de la vie, de pouvoir « encaisser » des incompréhensions, voire des injustices sans « grimper » tout de suite aux sommets de l’indignation, d’accepter les déceptions ou tout au moins d’être plus capable d’entendre le vécu de l’autre.

Etre zen, dans mon imaginaire, ce serait de ne plus me persécuter avec des pensées parasites, de ne pas m’angoisser pour des futilités, d’éviter de bloquer ma respiration, de ne plus entendre dans ma tête la répétition en boucle de ce qui m’a été fait et qui n’aurait pas dû m’être fait ! Bref d’être capable de relativiser, de prendre du recul, de garder le sourire, le regard clair et une impression de bon, de chaud tout à l’intérieur.

Etre zen serait de rester présent au présent. Simplement cela : être vivant, entier, en paix, là où je suis, quelque soit avec qui, quelque soit l’endroit où je suis !

3 réponses à to “JACQUES SALOME: je m’exerce à la zénitude”

  • yolande dit :

    Bonsoir Marc,
    Super le texte de Jacques Salomé. Merci à Geneviève. Depuis quelques années, la vie ne m’a pas épargnée alors je me suis dit que j’étais seule responsable de ma vie et j’ai décidé d’adopter la pensée positive. Cest devenu pour moi une philosophie de vie que j’essaie de la transmettre autour de moi au boulot et dans ma vie privée.Chaque jour je me fais un petit bonheur, cela peut être écouter un cd, lire un magazine, manger une délicieuse glace, faire une ballade, bref je prends du temps pour moi.
    Le matin en me réveillant, je me dis : »que vas-tu faire de chouette qui rendra ta journée agréable? » Je trouve toujours quelque chose.Et je peux vous assurer se passe mieux, mon moral est meilleur.
    Le soir, avant de m’endormir, je repense à un moment de la journée qui m’ a fait plaisir. Mon sommeil est plus paisible et ma nuit plus douce.
    Ce n’est pas grand chose me direz-vous mais cela fait tellement de bien. Cela a des répercussions positives sur la santé et l’état général.
    Il n’y a pas d’âge pour être heureux.
    Encore merci pour cette minute de bonheur.

  • Mélusine dit :

    Bonjour Yolande,

    J’ai parcouru le blog et j’ai lu votre billet et j’ai envie de vous dire Bravo parce que vous avez su trouver le moyen d’être plus sereine en vous donnant des petits buts et en persévérant.
    C’est une bonne attitude que vous avez adopté car elle vous a permis d’être plus épanouie.
    J’ai essayé de faire pareil et ré-essayé mais je n’y parviens pas ! Je n’arrive pas à m’octroyer un peu de bien être, mon esprit ne s’apaise jamais, mon mental travaille trop.
    Je puise sans ce blog des idées et j’aime lire tout ce que vous écrivez tous !
    Marc est un excellent  » animateur  » , empli de ressources qu’il nous transmet et c’est très important de le faire partager.
    Merci à vous.

    Mélusine

  • Mélusine dit :

    Bonjour Geneviève,

    J’ai aimé votre texte parce que je me suis sentie moins seule. Ce que je vis et comment je le sens, n’est pas mon seul apanage, vous avez su mettre des mots sur mon propre « ressentis » alors que nous ne nous connaissons pas. Jacques Salomé sait mettre des mots et des émotions là où il faut.
    Je vis comme il le décrit et ça m’empoisonne l’existence.
    J’ai essayé de bloquer mes pensées négatives qui prenaient leur source dans la petite enfance. J’ai essayé de les contourner , de leur dire  » Stop », de les bloquer ce qui me demandait beaucoup d’énergie !
    Seulement tant que l’on ne va pas à la source pour essayer comprendre ce besoin de se détruire et de le vivre jusqu’au bout, croyez-vous que l’on peut pas soigner cette souffrance, ces ruminations, ces doutes, ces peurs d’être  » abandonnée « , on se retrouve seule face à soi même et c’est très très douloureux.
    Les écarter ne fait peut être que  » panser  » nos douleurs, mais comment faire pour les soigner, les guérir… si vous avez des idées, des solutions sur comment se débarrasser de ce côté de nous qui nous fait si mal et qui nous empêche de vivre normalement et sereinement alors transmettez-nous les …
    SI le texte que vous citez fait parti d’un ouvrage de Jacques Salomé alors je vais bien vite me le procurer…

    Merci à vous
    Merci à tous

    Mélusine

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